Introduction au système des intervalles de la musique dastgâhi iranienne, Le point de vue des contemporains et les intervalles consonants des dastgâhs, Par Siavash Sahabi

Introduction au

système des intervalles de la musique dastgâhi iranienne,

Le point de vue des contemporains et les intervalles consonants des dastgâhs

Par Siavash Sahabi

Nezam

La structure des intervalles, dans toute culture musicale, constitue l’un des aspects les plus essentiels, tant sur le plan théorique que pratique. La négligence d’un tel élément peut accroître les difficultés de compréhension des complexités structurelles et historiques de la musique concernée. Dans cette optique, il a été jugé nécessaire d’examiner les travaux des musiciens et des théoriciens contemporains portant sur les intervalles de la musique modale iranienne (*musiqi-ye dastgāhi*).

Sur la base de cette étude, leurs approches peuvent être réparties en trois catégories. Certains auteurs se sont contentés de proposer des intervalles fondés sur leurs opinions personnelles ou sur les conceptions dominantes de leur époque, sans en fournir de justification ni de fondement explicite. D’autres ont entrepris de mesurer les intervalles à l’aide de diverses méthodes expérimentales. Enfin, un troisième groupe a cherché à calculer et à définir les intervalles en s’appuyant sur des règles issues soit de l’acoustique, soit de la tradition historique de la musique iranienne.

Les propositions du premier groupe ne présentent d’intérêt qu’en tant que données historiques, et, dans une certaine mesure, pour leur influence pratique ; toutefois, en l’absence de fondement scientifique et d’ancrage historique solide, elles ne sauraient être acceptées sans réserve par les milieux musicaux. Quant au deuxième groupe, la présence d’erreurs potentielles dans les procédures expérimentales, la non-prise en compte des conditions réelles d’exécution lors des tests, ainsi que l’absence de convergence satisfaisante des résultats, conjuguées à d’autres ambiguïtés, suscitent de sérieux doutes quant à la validité de leurs conclusions.

Dans cette perspective, l’auteur s’inscrit dans la troisième approche en adoptant une méthode analytique fondée sur l’un des concepts majeurs de la tradition théorique iranienne, tel qu’il apparaît dans les traités anciens, à savoir les notions de *molāyemat* (consonance) et de *tanāfor* (dissonance). En mobilisant leurs règles numériques, conjointement avec les principes de l’acoustique, la structure de l’instrument *setār* et les calculs nécessaires, il procède à la détermination précise des intervalles propres à chaque *dastgāh*. Sa démarche peut ainsi être qualifiée d’approche historico-scientifique.

Au-delà du résultat principal de l’ouvrage — le calcul et la détermination des dimensions intervalliques des *dastgāh*s —, cette recherche a également permis de mettre en lumière des aspects importants relatifs aux intervalles, notamment l’étude de leur genèse historique, y compris celle de l’*āvāz-e Esfahān*, ainsi que des questions de nomenclature et des relations interculturelles avec la musique de la Grèce antique, entre autres.

Il convient enfin de souligner qu’une approche scientifique de telles questions demeure par nature ouverte à la critique et susceptible d’évoluer, en fonction des conditions techniques et des pratiques d’exécution propres à la musique considérée.